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7 mai 2010

222_la_Cour_Supr_me__SucreSucre. Capitale où siège la Cour Suprême bolivienne, cette ville coloniale à l'histoire chargée est un des joyaux citadins du pays. Dans le centre, petit et facile à parcourir à pied, les cols blancs se pressent au pied des monuments blancs étincelants et des autres bâtisses, non moins blanches qui bordent les rues bien propres. Même le marché paraît impeccable (à l'échelle bolivienne) et les fruits et légumes sont superbes et superbement présentés.

221_robe_noire__mur_blancOn flane donc un peu dans ses rues, on cherche le musée des enfants (Tanga Tanga) sur les hauteurs qui est apparemment parti sans laisser d'adresse, on visite le musée d'anthropologie et ses nombreux vestiges précolombiens, le musée colonial et ses 'œuvres d'art' presque uniquement religieuses, et on flane encore. La ville a beau être l'une des plus agréable qu'on ait croisé depuis longtemps, on la quitte déjà dès le deuxième jour pour un petit tour à la campagne.

235___gauche__le_crat_re_de_MaraguaDans la Cordillera de Los Frailes se trouve le village de Maragua, au centre d'un cratère (pas volcanique) dont les bords rappellent ceux de la vallée de Toro-Toro, et qu'on atteint en quelques heures de jolie piste. Les habitants sont sympas, la nature n'est pas spectaculaire mais très agréable entre champs de blé et passages de chèvres; 228_balade___Maragua227_Autostoppeuse__contente_on se promène vers la crête du cratère. Zoé traine, donc Nico râle, mais tout ça n'affecte pas (trop) la tranquillité de la balade. Dommage cependant qu'on la fasse Le jour d'hiver, ciel gris et température à peine au-dessus de 10°C, on n'avait pas connu ça depuis longtemps! L'hiver est bien en train de s'installer doucement!

Pendant que Nico redescend avec les enfants qui jouent sur les dômes de sable et de terre, Mariane continue 1 heure plus loin vers un autre site de traces de dinosaures.

text_only_165Des traces d'ailleurs, il y en a partout dans cette région. Les plus impressionnantes (bien qu'on ne puisse pas les approcher) sont probablement celles qui couvrent le 'mur' de la cimenterie Fancesa, à la sortie de Sucre. Cette face de 200m de long pour 50 de haut est en effet couverte d'empreintes de plusieurs sortes de dinos... ils ne marchaient bien sûr pas sur les murs, mais le plateau d'argile a eu le temps de se redresser depuis leur passage! La cimenterie en a profité pour faire un 'musée' de reproductions de sauriens (bien fait) qui plait beaucoup aux enfants.

Des heures de piste en défoncée ou en travaux (ce qui revient au même) nous attendent. On connait la première partie déjà empruntée pour venir à Sucre, on espère la suite meilleure... il n'en est rien! Mais ce qui nous gène le plus, ce sont les 'piscines' de poussière dans lesquelles on disparaît, puis cette terre ultra fine nous envahi même si on prend la peine de tout fermer. Tout ça ne gâche pas heureusement la vue de ces montagnes et vallées, aux falaises colorées, aux sommets arrondis, et aux nombreuses variétés de cactus. 2 jours plus tard, nous retrouvons l'asphalte peu avant d'arriver à Samaipata, joli village niché à 1800m dans une relative fraicheur. Le village est joli, un peu trop habité par des immigrants allemands qui le transforment tranquillement en un village trop touristique. A une dizaine de kilomètre, le sommet rocheux d'une montagne servit à une civilisation pré-inca encore peu connue de site religieux et de ville. 243_la_roche_sculpt_e_d_El_FuerteAu centre d'El Fuerte se dresse en effet une immense roche monolithique arrondie sculptée de toute parts dont on devine qu'elle pût être un lieu majeur de prières, dressé entre les plaines de l'orient et la cordillère des Andes.

C'est notre dernière étape avant ce qui nous fait « peur »: la descente dans les plaines brûlantes et humides de l'est bolivien!

On arrive à Santa-Cruz par un jour venté, et les nuits sont... presque fraiches! Enfin, suffisamment pour qu'on puisse dormir. Courte escale donc dans cette ville au centre colonial, et on continue sans attendre sur le circuit de missions. Au début du XVIIIème, des moines jésuites, en plus de leur objectif de convertir les masses, ont fondé une société hiérarchique organisée en respectant presque les autochtones. En tout cas, ça se serait fait dans une relative douceur et acceptation des locaux. 254_Mission_j_suite_de_San_JavierCa fonctionnait tellement bien qu'ils furent finalement chassés par les dirigeants espagnols pour cause d'entrave à l'établissement de leur modèle de société. Il reste ses superbes missions, dont le prêtre architecte musicien suisse Martin Schmidt est à l'origine. A part celle en pierre de San Jose de Chiquitos, ces édifices de bois mêlent sculptures et décorations picturales harmonieuses au cœur de places de village 'assorties', à l'ambiance bien tranquille.

269_Paysage_des_llanos_de_ChiquitosSans presque s'en rendre compte, nous sommes également passés en quelques jours (et définitivement pour notre voyage) d'un paysage de plateaux de haute altitude semi-désertiques, à une plaine à la végétation tropicale luxuriante. Ici, les lamas ont laissé la place aux zébus, les condors aux toucans, les viscachas aux singes, les cactus apparus pendant la descente ont été remplacés par des palmiers. Bienvenue dans l'autre Bolivie!


19 mai 2010

text_only_164Au terme de ce circuit des missions, à San Jose de Chiquitos, on rencontre dans leur hôtel tout neuf Jerôme, Sophie et leur fille Swanne (www.villachiquitana.com). Ils se lancent en effet dans une nouvelle aventure sédentaire après leur 3 ans de tour du monde en scooter suivis de nombreuses années de conférences en France et au Québec. Ils nous reçoivent comme des princes et partagent avec nous les récits de leurs aventures passées et présentes, tout en nous donnant des tonnes d'information sur la région... 275_en_balade_avec_Swannependant que les enfants se baignent et jouent avec Swanne. On restera plusieurs jours, en se promenant un tout petit peu et en jouant les hôteliers en donnant un coup de main par-ci par-là.

Direction Brésil! Le temps gris nous fait abandonner notre plan de visite de Santiago de Chiquitos, mais on croise sur la route Patrice, Hélène, Solène et Timothé et on les convainc de passer la soirée avec nous à Aguas Calientes: les sources chaudes peut-être les plus surprenantes qu'on ait testées, et on en a testé pas mal!

281_Mariane_ne_touche_pas_le_fond_La rivière coule chauffée par des résurgences à près de 40°C. Rien d'étonnant, si ce n'est que ces résurgences qui font s'agiter le sable sous la surface forment des 'trous' dans lesquels on peut se tenir debout, de l'eau jusqu'à la taille... sans toucher le fond! Et elles sont assez nombreuses pour chauffer une large rivière sur un kilomètre et demi de long! Les locaux nous disent même qu'on peut se baigner dans de l'eau tiède pendant les 5 prochains kilomètres!!!

Alors les touristes abondent. Non, pas tout à fait le genre de touristes qu'on rencontre habituellement: des familles entières de Mennonites (les moins conservateurs) débarquent pour profiter du lieu. A notre passage, il y avait au moins 3 familles (soit environ 50 personnes! Chaque couple ayant facilement 10-12 enfants!). La curiosité est réciproque, et Hélène et Mariane sont même gênées par les regards bien qu'elles portent des tenues plus que descentes pour nous (les femmes se baignent sans quitter leurs robes et foulards, les hommes gardent leur salopette!). 278_Femmes_M_nonites_au_bainLes Mennonites rejettent (normalement, pour les purs et durs) toute forme de modernisme. Ils vivent comme agriculteurs et éleveurs, dans des endroits reculés où on ne les embête pas. Les hommes travaillent au champ, les femmes à la maison. Ils parlent le 'bas-allemand', une sorte d'allemand du moyen age, d'où ils sont originaires (originaires autant d'Allemagne que du moyen-age!). Ils ont fuit les difficultés d'exercer leur 'religion' vers le Canada, puis le Mexique, le Bélize et maintenant la Bolivie. A l'écart du monde dans des colonies (sauf quelques hommes et nos 'aventuriers' d'Aguas Calientes), il maintiennent leurs grandes familles dans l'ignorance de leur origine. Et même un chef de famille qui parle espagnol nous croit à peine quand on lui dit qu'on peut mettre plus de 1000 photos dans la petite carte mémoire de notre appareil photo (Mariane n'arrivera pas bien sûr à lui expliquer qu'on peut les imprimer en passant par un ordinateur!).

Après ces quelques jours frais (l'hiver arrive, les jours alternent entre 18°C et 30°C), le soleil revient. Et c'est parfait pour s'aventurer dans le Pantanal bolivien. Jérôme nous avait conseillé cette piste qui traverse le Parc Otuquis pour la densité de sa faune... 287_Ca_manOn n'a pas été déçus! Une centaine de kilomètres de piste au milieu des toucans, pour parcourir les 20 derniers dans la plaine de type savane où poussent ça et là quelques 'ilôts' de palmiers, 288_Famille_de_Tuyuyusmais surtout de chaque côté de la piste, dans les tranchées, des centaines de caimans, des cerfs venus s'abreuver, des capibaras (rongeurs de la taille d'un gros cochon), un coati même, des serpents, et des oiseaux par milliers, dont le géant tuyuyu (plus d'un mètre debout, 2,5m au moins d'envergure) qui se repose sur la route quand on ne l'embête pas. Quel spectacle dont on profite sans croiser personne pendant 2 jours... Bouquet final bolivien!


27 mai 2010

275_Sur_la_piste_des_montagnes_de_San_JoseBien loin de l'image de ces volcans ou pics enneigés qui émergent des hauts plateaux à plus de 4000m, de ces quechuas et aymaras en tenue traditionnelle, c'est sur ce magnifique contraste, d'un pays qui nous a conquis du nord au sud et d'ouest en est, que nous quittons la Bolivie... magique!