26 mai 2009

Après 3 jours de plage au Nicaragua, nous voici entrés au fameux Costa Rica. Du Costa Rica nous espérons beaucoup, croyons être conscients du coût de la vie de touriste, et sommes inquiets des effets de la saison des pluies.

Mais nous avons aussi du mal à savoir où aller, quoi visiter, quoi faire. Il faut qu'on trie, et les guides que nous avons ne nous permettent pas de comprendre où voir quoi et dans quelles conditions. On a aussi le sentiment que le Costa Rica est finalement un concentré de ce qu'on a pu voir dans les précédents pays traversés (du Mexique au Nicaragua).

Forts de nos hésitations, on se dirige vers le premier Parc National sur la panaméricaine. Mais à Santa Rosa, le ranger nous prévient que notre véhicule ne nous permettra pas de franchir les chemins menant  à la côte (ils ne connaissent pas Bill!). Et que le prix d'entrée est de US$10 par personne!!! Demi-tour, et on roule vers le nord pour chercher un autre site de l'important réseau de nature protégée, au bord de mer accessible. C'est justement celui dont nous avaient parlé Claude et Rika, les Suisses croisés au Honduras.

2009_05_781En demandant notre chemin à Jaime le pécheur (ces premiers contacts avec les locaux nous font découvrir leur grande gentillesse), il nous conseille de marcher 10 minutes à partir de là où on se trouve vers une belle plage, et de revenir dormir... ici même. C'est vrai après tout, on est au ord de l'eau, de la belle baie de Santa Elena, et ça à l'air bien tranquille. On en demande pas plus après une journée de route et paperasses administratives de frontière: adjugé!

2009_05_811Une panne de gaz , nous pousse à quitter ce lieu sympa pour chercher une « grande » ville. A Liberia donc, on refait le plein, et on monte au Parc National Volcan Rincon de la Vieja sous la pluie. Au moins, la température chute, et les 22°C sont bien agréables, malgré les nombreux moustiques. Au petit déjeuner le lendemain matin, un magnifique toucan vient se montrer. La promenade dans la forêt primaire du parc s'annonce excitante.

Peu de faune visible malheureusement. Il faut dire que nos deux fauves n'ont pas de mal à effrayer les tarentules les plus courageuses, les grenouilles les plus vénéneuses, ou les singes les plus aventureux. On se console dans une végétation luxuriante superbe, parsemée de cours d'eau limpide, et de phénomènes volcaniques tels eaux ou boues bouillonnants, et autres fumerolles.

2009_05_817Seul un paisible pizote peu farouche nous saluera devant le bureau des rangers.

Direction la plage. La péninsule de Nicoya est un haut-lieu de tourisme maritime au Costa-Rica. Ca nous attire et nous fait peur, par exemple pour la fréquentation, mais allez, c'est la basse saison.

On choisit quand même la Playa Avellana, décrite comme difficile d'accès et donc tranquille, en plus d'être agréable. Sur la belle route trop bien entretenue (avant devenir une piste très correcte), les immenses panneaux publicitaires en anglais vantent les hotels de luxe, les résidences de haut standing pour riches gringos. C'est clair, on se sent plus en Californie qu'en Amérique Centrale!

2009_05_823On trouve notre plage, et un parking juste devant sur lequel on est autorisés à camper. Ouf! Car comme aux Etats-Unis, les accès à la mer sont très limités, entre hotels ou propriétés privées. Mais notre coin est presque magique. Plage extra quasi déserte, belles vagues de surf et baignade sans risque, vent rafraichissant, et la porte du camping-car ouverte sur un palmier et la mer! On se régale de jeux dans les vagues à marée haute, dans les petites piscines entre les rochers à marée basse. Timo et Zoé sont vraiment à l'aise, même dans les vagues dépassant 1 mètre. Timo plonge un coup sous la vague, se laisse flotter sur la suivante. 2009_05_832Même le mètre cinquante impressionnant lui plait! Zoé (souvent portée quand même) rigole à chaque déferlante, se laisse flotter avec ses « bouettes » quand la crête n'a pas blanchi. On y passe la journée, alternée par des tentatives de surf des parents, plus ou moins fructueuses! (Nico améliore son rendement avec 4 vagues surfées dans la journée, Mariane se lance et surf debout dans l'écume!).

Deuxième nuit un peu plus chaude: le vent est tombé. Il est temps de repartir vers les montagnes. Des Quakers ont élu domicile sur les plateaux de Monteverde (1200-1600m), et y ont créé des réserves protégées. Ca nous suffit pour nous convaincre de parcourir les 30km de piste pas toujours facile qui montent depuis la route de San Jose. Et miracle, la fraicheur est là! 22°C en arrivant là haut, 18°C pendant la nuit: un rêve surréaliste la nuit d'avant! Le paysage sur cette piste est ennivrant: succession de pâturages d'altitude (parsemés de yuccas quand même), de forêt tropicale dense, et de vues sur la mer en contrebas. Petite promenade dans la forêt tous seuls, nuit tranquille et fraiche. On n'ira pas non plus visiter les réserves officielles ou se lancer dans les activités offertes type promenades et tyroliennes sur la canopée... trop chères! Le Costa-Rica est un fantastique terrain de jeu pour riches occidentaux. 2009_05_849On en est, mais on a aussi eu la chance de voir des paysages, flores et faunes similaires dans des pays moins coûteux sur le trajet. On continue quand même à chercher des grenouilles rouges et bleues, d'autres toucans, et plus de gros iguanes!

Sans trop d'espoir, on redescend de notre plateau en direction du Volcan Arenal. Sans trop d'espoir pour observer l'une des ses manifestations quasi-quotidiennes... pluies et nuages au rendez-vous.

On l'a quand même aperçu entre deux nuages. On a pu voir son beau profil, sous une belle coiffe nébuleuse. On en a pratiquement fait le tour entre les averses de la journée, en s'arrêtant visiter un jardin de papillons et grenouilles, en espérant profiter du spectacle des coulées de lave sur ses flancs. Mais la couverture crépusculaire est trop épaisse. On se console avec un chouette spot de camping sauvage, en bordure de jungle et de torrent.

36_crocs__rio_TarcolesUne journée de route est nécessaire pour atteindre la côte pacifique le lendemain, de l'autre côté de la montagne. A travers la jungle, les plantations, les alpages, la jungle de nouveau. Spectacle inhabituel sur le pont qui enjambe le Rio Tarcoles: des énormes crocodiles (5-6m?) digèrent calmement le long des rives en contrebas: on n'a pas envie de tomber du parapet!

Sur la première plage qu'on trouve, on rencontre Jean-Luc et Hugo. Depuis 4 ans, ils travaillent sur un projet financé par l'Agence Spatiale Européenne. Il s'agit de convaincre les locaux de collecter les déchets plastiques apportés pas la mer (ici, après y avoir été poussés par le Tarcoles), et de les assembler de manière spectaculaire et visible de l'espace pour être photographiés pas satellite. « C'est une blague! ». C'était la réaction spontanée de Nico à l'explication de Jean-Luc, mais ça semble vrai. Ils ont essayé déjà avec plus ou moins de réussite en Inde, au Népal, en Turquie, en Israël... Et sont partis pour l'Amérique du Sud jusqu'à septembre. A voir sur www.ouroboros-team.org.

48_iguane_et_nous__PN_Manuel_AntonioEn suivant la côte, on se rend au Parc National Manuel Antonio. Petit espace protégé le long de ce bout de côte qui en a besoin au vu des constructions actuelles et en projet. On ne sait toujours pas qui est ce brave Manuel, mais son parc vaut le détour: la jungle en bordure de Pacifique, forêts denses qui plongent dans les rochers ou les superbes plages de sable blanc (rare dans le coin). Et la faune participe grandement à l'émerveillement. Si la biche qui nous suit depuis l'entrée du parc n'est pas farouche (quasi-domestiquée, elle tente de lécher la main de Mariane!), c'est surement qu'elle est un peu trop souvent nourrie par les nombreux touristes. Les iguanes n'ont pas peur de nous, les singes à tête blanche sautent au-dessus de nos têtes, les raton-laveurs piquent dans notre sac (littéralement), les pécaris vivent leur vie sans faire attention, les paresseux ne sont même pas réveillés par les cris des enfants! Leurs nombreux copains plus sauvages restent invisibles à nos yeux inexpérimentés. Mais quel spectacle quand même que ces animaux exotiques en liberté.

Tout ça entrecoupé de longues baignades dans une mer turquoise et chaude, presque trop chaude!

Trois nuits chaudes et moites de bord de mer, assez pour que Nico pousse pour repartir à la montagne. Direction le Chirripo, sommet le plus haut du pays à presque 4000m. On ne prévoit pas d'y grimper (trop long et surtout trop boueux en saison des pluies), mais seulement de se rafraichir le long de ses flancs de forêt embrumées.

San Gerardo de Rivas est le dernier village avant le sommet. A 1500m, la fraicheur recherchée est là. La pluie aussi pour nous accueillir. Au dessus, en dessous, on cherche le spot près des impressionnants torrents où on pourra se poser pour la nuit. Mais les chemins sont étroits, les accès au bord des rivières inexistants. Et même trouver un bout de terrain plat relève de l'exploit. Il est trop tard pour un exploit, alors on frappe à la porte de Pedro, dont le beau jardin plat dans lequel broute un cheval arbore un panneau Parqueo.

57_cloudbridge_reserve__San_GerardoPedro, nous ouvre la porte, très sympa. On passe une super nuit fraiche et calme! Au soleil du matin qui inonde la vallée, Jenny la voisine canadienne passe nous demander si on a besoin de quelque chose. Et par la même occasion si on est libre ce soir pour venir diner!!! Après avoir accepté bien sûr, on part tester les eaux thermales voisines. Dans la jungle, sous la pluie intermittente, les 35°C des bassins sont un régal. Les enfants sortent difficilement après 2 heures de trempette continue!

A l'agréable (et très bon) diner du même soir, on rencontre John et Jill. « Evadés » de l'Arizona et des Etats-Unis trop républicains, ces amoureux de voyage ont atterri à San Gerardo il y a un an et demi, pour y devenir propriétaires et gérants de la Casa Mariposa, au dessus du village(www.hotelcasamariposa.net). Ils nous poussent ainsi que Jenny à visiter la réserve privée Cloudbridge le lendemain (www.cloudbridge.org).

Après avoir laissé Bill chez John et Jill, on est donc parti pour une superbe balade sur les chemins dans les zones de forêt primaire, secondaire et de reforestation, conseillés par Eric, le gérant de la réserve. La promenade est une des plus belles de ce voyage. Même si la faune se fait discrète, les vues et passages près des cascades et torrents au milieu de cette végétation en font un régal. Outre insectes étranges et petits serpents, on a quand même pu voir les acrobaties d'un singe araignée.

Après plus de 5 heures, on est de retour à la Casa Mariposa, maison de bois et de rochers dans laquelle on a l'impression que la jungle est invitée. On passe le reste d'une journée fort agréable, avec Jill et John, après une bonne douche chaude: quelle luxe!

9 juin 2009

La route de San Jose (où on n'a pas l'intention d'aller) passe par le Cerro de la Muerte. Un petit col bien frais à 3200m. Redescente sur Cartago à 1300m, ça ne nous suffit pas. Alors on entame directement la montée vers le volcan Irazu, plus haut volcan actif costa-ricain: 3432m au sommet. On passe la nuit un peu en dessous, dans une clairière à 3200m dont la vue sur la mer de nuage nous enchante, même si elle nous cache la côte caraïbe. On est tous ravis (surtout Timo!) d'enfiler des jeans et des polaires pour une promenade au crépuscule.

67_PN_volcan_IrazuNous sommes bien placés pour marcher de bonne heure entre les cratères (avant que les nuages ne les masquent). Paysage semi-lunaire, la végétation s'accroche encore à cette altitude même sur les falaises les plus abruptes. Et les coatis aussi ont grimpé jusqu'ici! Il ne nous manque que la vue des deux océans, possible paraît-il par temps clair.

Redescente à Cartago, on va se trouver un coin pour la nuit à l'entrée du parc de Tapantli, dans un paysage de jungle, à l'altitude raisonnable de 1300m.

En route vers le sud! Après de longues hésitations, on décide de ne pas passer par la côte caraïbe. On nous en a pourtant vanté les charmes, entre plages superbes et forêt vierge, la culture caribéenne y bat son plein. Mais la saison des pluies est aussi connue pour y être... virulente. Nous remontons donc au Cerro de la Muerte, avant de filer vers San Vito. Au croisement qui fait sortir de la Panaméricaine, on hésite de nouveau: on pourrait quand même passer par la péninsule de Osa et le Parc National du Corcovado. Eux aussi, plus éloignés des autoroutes touristiques, nous ont été vantés par de nombreux locaux jusqu'à ce matin même à Cartago. Mais sur cette côte pacifique là aussi la saison est très pluvieuse. Et les pistes qui mènent aux spots à voir n'ont pas que bonne réputation, même à la saison sèche.

Allez, assez d'hésitations, on monte à San Vito, on ira comme ça plus facilement à Cerro Punta, dans le Parque Internacional de la Amistad, au Panama. Demain si tout va bien.

A San Vito, il tombe des trombes d'eau comme on en a rarement vu. Les caniveaux et certaines rues deviennent des torrents impressionnants. Ce n'est pas très agréable, surtout à l'intérieur du camion. Le ventail principal laisse passer pas mal de l'eau qui dévale sur le toit. Matelas trempé...

De San Vito, on nous a recommandé les excellentes pizzas préparés par la communauté italienne installée ici. On y va. Boaf. Z'ont passé trop de temps au contact des gringos les italiens d'ici!

Bon, on va se coucher. De nuit en marche arrière, Bill manque de tomber dans un trou d'1m... ouf, de justesse, sortis du bord grâce au 4x4. On va se garer pour la nuit... A peine arrêtés: pneu crevé!

On est contents le lendemain matin, ce n'était qu'un clou! Pas besoin de changer le pneu cette fois. On a de la chance quand même!

C'est parti pour le Panama, on y sera tout à l'heure, si tout va bien.

Aucune indication sur les routes de montagne. Après quelques kilomètres sur la route principale (dont on pense qu'elle ne peut mener qu'au pays voisin), on se rend compte de notre erreur. Demi-tour... Sirène et gyrophare, tiens la Police. On ne les avait pas encore vu au Costa Rica... il était temps. Les policiers ici n'ont pas non plus une excellente réputation.

Contrôle des papiers, inspection rapide... « Sigame » (Suivez-moi) dis le chef...

« Je vous emmène sur la route du Panama ».

Ouf!

Nous y voilà, piste de cailloux, le chef descend de sa voiture, s'approche de nous, tend la main à Nico:

« Pura Vida !!! »

La suite au Panama!

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